Entretien entre Sa Majesté le Roi Abdallah II et le Premier Ministre Français Manuel Valls

- Déclaration de M. Manuel Valls :

Nous venons d’avoir un entretien dense avec le Premier Ministre Abdallah Ensour et avec plusieurs membres de nos gouvernements, et nous nous retrouverons ce soir pour poursuivre nos échanges.

Avec le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et avec le ministre Jean-Marie le Guen, nous avons aussi rencontré, à notre arrivée, sa Majesté Abdallah. J’ai fait part au Roi du message de soutien très fort de la France, pleinement engagée aux côtés de la Jordanie alors qu’elle affronte une situation délicate, compte tenu de toutes les tensions dans la région. Qu’il s’agisse de la Syrie, de l’Irak ou des tensions très vives dans les territoires palestiniens et à Jérusalem, la Jordanie est à la jonction de toutes ces crises et en subit directement les conséquences, en particulier dans son développement économique ; je pense bien sûr à la présence de centaines de milliers de réfugiés d’Irak et de Syrie, accueillis par la Jordanie avec une générosité et une force qui font notre admiration, mais qui représente une lourde charge pour le Royaume.

La réponse de la France, c’est un appui politique, financier, économique que nous apportons au Royaume, un appui que nous voulons intensifier et qui repose sur une amitié, sur une coopération économique et sur une coopération militaire que nous avons encore confirmée avec la signature du SOFA.

Nous venons de signer –vous l’avez rappelé, monsieur le Premier Ministre– trois conventions de financement de l’Agence Française de Développement pour un montant de 270 millions de dollars, dans le secteur de l’eau et des énergies renouvelables. C’est là une traduction concrète de notre engagement auprès de la Jordanie pour l’aider, dans cette période difficile où ses propres ressources sont fortement mobilisées du fait du contexte régional.

J’irai demain à la rencontre des agences des Nations Unies et des ONG qui prennent en charge les réfugiés. La France a décidé d’une aide d’urgence de 100 millions de dollars pour appuyer les actions du Programme Alimentaire Mondial, du Haut-Commissariat aux Réfugiés et des ONG en Jordanie, au Liban et en Turquie. Nous évaluerons demain, lors de ces rencontres, les besoins que nous pourrions financer en Jordanie sur cette aide française exceptionnelle qui a été annoncée par le Président de la République aux Nations Unies il y a quelques jours.

Soutenir la Jordanie, c’est aussi avoir confiance dans le potentiel économique du pays et avoir confiance dans le succès des réformes économiques difficiles engagées par le gouvernement d’Abdallah Ensour. Je voudrais le féliciter et l’encourager pour avoir entrepris ces réformes.

Cette confiance, nos entreprises l’ont, au point d’ailleurs –vous le rappeliez– que les entreprises françaises sont les premiers investisseurs étrangers en Jordanie, à parité avec les États-Unis. La France est le premier investisseur non-arabe de Jordanie, avec des investissements représentant près de 1,5 M d’euros ; il faut le dire et le rappeler, parce que ce cela ne se sait peut-être pas suffisamment.

Mais il faudra sans doute aller plus loin. Nous rencontrerons demain la communauté des entreprises françaises et jordaniennes, et je souhaite que davantage d’entreprises puissent suivre le mouvement, s’implanter dans ce pays et parier sur l’avenir.
Vous avez des projets sur la Mer Rouge et la Mer Morte dans le domaine des transports et de la mobilité –nous sommes déjà engagés sur le projet de bus de la capitale Amman–, dans le secteur des télécoms, des énergies renouvelables et du nucléaire. Nous pouvons incontestablement poursuivre et approfondir cet engagement.
L’appui de la France, c’est enfin notre engagement aux côtés de la Jordanie dans le domaine de la défense, de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme. Nous avons longuement évoqué ces questions avec sa Majesté, notamment au sujet de la situation en Syrie. L’éclairage et les analyses de Sa Majesté étaient particulièrement utiles dans cette période. Nous allons poursuivre ce dialogue avec un autre pays régional, puisque nous serons demain soir à Riyad.

Pour la France, la sécurité du Royaume, sa stabilité au cœur d’un Moyen-Orient troublé doivent être préservées et garanties. La France répondra toujours aux demandes que la Jordanie pourrait nous exprimer.

Solidarité, confiance, engagement : voilà les trois mots qui résument le partenariat que nous voulons consolider, approfondir entre nos deux pays.
Je n’oublie pas ce que nous devons faire dans le domaine éducatif. Je vais, dans un instant, dans une école primaire française pour l’inaugurer, entre français et je vous en remercie.

Votre amour de la France et de notre langue sont également des gages pour poursuivre cette relation de confiance. Nous partageons les mêmes valeurs et les mêmes analyses. C’est incontestablement une force supplémentaire dans notre relation.

Dernière modification : 18/10/2015

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