Retour sur la deuxième Nuit des Idées en Jordanie

Organisé pour la deuxième année consécutive par l’Institut français de Jordanie le 25 janvier, cette nuit des idées fut de nouveau un succès avec près de 160 personnes réunies dans le théâtre de l’Institut dans le quartier de Jebel Al Weibdeh pour débattre et échanger autour du thème : « rêver Amman ».

Pour introduire les débats, Sophie Bel, conseillère de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France, a rappelé que « les mutations radicales de la ville ces dernières décennies avaient fait émerger de nouvelles idées et aspirations chez les Ammanis ». La diversité des contributeurs et des performances tout au long de la soirée ont incarné cette créativité et ces aspirations. La question des transports et de la mobilité a fait l’objet d’un débat entre le chercheur Dr. Rami F. Daher et l’ingénieure en cheffe du projet de Bus Rapide (BRT), Nemeh Qatarimi, en présence de plusieurs membres de la Municipalité du Grand Amman (GAM). Dans la deuxième partie de soirée, plusieurs associations locales (Ruwwad, Shams Community, Ahel al Balad) ont de manière interactive demandé aux participants de partager leur vision pour Amman.

De l’élargissement des trottoirs à la création d’espaces verts, en passant par le développement de lieux d’échange intercommunautaires, les débats ont souvent porté sur l’inclusivité des espaces publics, la réactivation d’une identité urbaine commune et l’amélioration des services publics. Le Musée des Beaux-Arts de Jordanie (Jordan National Gallery of Fine Arts), Wakalat street ou Rainbow street ont souvent été cités comme des exemples réussis de cette transformation de la ville. De nombreuses critiques ont également été exprimées : le déplacement de logements sociaux comme Al Jizza aux marges de la ville, la suppression des sièges publics sur Wakalat street ou encore la disparition progressive des épiceries de quartier au profit de cafés branchés et chers.

Le Dr Daher a lancé un appel pour sensibiliser les habitants d’Amman au développement de leur ville. Cet appel s’est transformé en fil rouge de la soirée avec pour principe que la ville a besoin d’engagement pour se transformer. Ce lien entre urbanisme et citoyenneté a suscité plusieurs débats, notamment sur la nécessité pour l’Etat de se réengager dans l’aménagement urbain ou sur l’importance de l’engagement associatif et militant dans ce domaine. La notion de responsabilité partagée entre les citoyens et la municipalité a été reprise dans les propos conclusifs de Myriam Ababsa, chercheuse à l’ifpo et médiatrice de cette « Nuit des idées », plaidant pour une meilleure communication et une participation publique accrue.

Cette Nuit des idées a permis de montrer Amman sous un nouveau jour. Elle a contribué à renverser cette image d’Amman, capitale mal-aimée par rapport à ses voisines, en révélant l’attachement profond de ses habitants et leur volonté de s’engager dans son développement.

Dernière modification : 07/02/2018

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