Point de presse de presse live du porte-parole du MAE, 05 février 2016

Q - L’offensive syrienne à Alep a déclenché un nouveau flux migratoire vers la Turquie. Y voyez-vous l’émergence d’une nouvelle crise humanitaire ?

R - Le ministre a eu l’occasion hier à Londres de rappeler l’urgence humanitaire en Syrie et la nécessité de la mise en œuvre de la résolution 2254 du conseil de sécurité.

Il y aura aujourd’hui des consultations au conseil de sécurité, d’abord avec Staffan de Mistura qui fera un bilan des discussions de Genève et ensuite sur la situation humanitaire. Il faut exiger du gouvernement de Bachar al-Assad et de ceux qui le soutiennent, à savoir essentiellement la Russie et l’Iran, qu’ils respectent le droit et les résolutions du conseil de sécurité.

Il faut exiger l’arrêt des bombardements qui tuent des civils et l’arrêt des sièges qui affament des centaines de milliers de personnes.

Nous avons vu que malheureusement la négociation a dû s’interrompre à Genève en raison des violences sur le terrain. On ne peut pas négocier sous la contrainte de la violence.

Sur la question des réfugiés, l’Union européenne se mobilise pour aider les pays qui font face à l’arrivée massive de réfugiés. Il y a eu un sommet le 29 novembre dernier qui a annoncé une aide financière conséquente pour la Turquie. Hier à Londres, une aide financière a également été annoncée, en particulier pour le Liban et la Jordanie.
Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve était hier et aujourd’hui en Turquie pour évoquer la question des réfugiés et la coopération dans la lutte contre le terrorisme et les filières djihadistes.


Q - La principale partie étant celle avec laquelle vous n’avez pas de contact, est-ce que ce cessez-le-feu ne va pas se limiter au régime et à ce que vous appelez l’opposition modérée, qui n’a pas une très forte présence sur le terrain ?

R – Il y a des interlocuteurs pour des discussions, sous l’égide de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Staffan de Mistura, qui fait un travail courageux de rassemblement de tous les acteurs concernés pour aller vers une transition politique.

Notre interlocuteur privilégié, c’est la coalition de l’opposition dont nous considérons qu’elle est la représentante du peuple syrien. Encore faut-il que cette opposition modérée ne soit pas massacrée par le régime et ses alliés. Quand on négocie, on respecte la partie adverse

Q - Cela s’applique aux deux parties et à ceux qui sont armés sur le terrain ?

R - Cela s’applique aux deux parties, mais il me semble aujourd’hui qu’il y a une offensive qui est clairement d’une partie contre l’autre.

Q - J’aimerais savoir si des concertations avec la Russie sont possibles ou en cours à cet effet ?

R - Le Ministre a des échanges réguliers avec son homologue russe sur la situation en Syrie.

Q - M. Zarif à Londres avait dit que l’Iran a accordé 2,8 milliards de dollars d’aide à la Syrie. Est-ce qu’il y a une caisse unie pour tous les pays où chaque Etat peut envoyer de l’argent ?

R – Je n’entrerai pas dans le détail des mécanismes. L’important, c’est que ces sommes aillent aux réfugiés et au peuple syrien. M. Laurent Fabius a annoncé hier plus d’un milliard d’euros pour la période 2016-2018. Toutes ces aides doivent converger pour aider le peuple syrien, notamment à travers les agences onusiennes, le haut-commissariat aux réfugiés, le Programme alimentaire mondial.

Q – Et pour le Liban ?

R - La France est très attentive à l’impact de la crise syrienne au Liban et à la nécessité d’aider fortement le Liban. C’est pour cela que le ministre a annoncé hier 200 millions d’euros principalement affectés au Liban pour aider la population syrienne réfugiée, notamment en matière d’éducation et de santé.

Q – Et pour la Jordanie ?

R - L’Agence française de développement est très mobilisée : 900 millions d’euros de prêt, dont 600 en prêts souverains, auquel l’État ajoute 50 millions de prêt.

Dernière modification : 07/02/2016

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