Le français : un trait d’union entre nos peuples

Tribune des ambassadeurs francophones en Jordanie

Le français : un trait d’union entre nos peuples

En ce 20 mars, la langue française et la francophonie sont célébrées dans le monde entier. Cet évènement n’est pas seulement dédié à la promotion d’une langue, c’est aussi l’occasion de valoriser le projet politique d’une communauté qui a bien plus que « le français en partage ».

Il n’est sans doute pas inutile de rappeler que ce projet est né sous l’impulsion de figures emblématiques des mouvements d’indépendance, le tunisien Habib Bourguiba, le sénégalais Léopold Sedar Senghor, le cambodgien Norodom Sihanouk et le nigérien Hamani Diori, qui voyaient dans la langue française un trait d’union possible entre les peuples, susceptible de tisser un « humanisme intégral », selon l’expression de Léopold Sedar Senghor. La conférence de Niamey, le 20 mars 1970, a permis de poser la première pierre de cet édifice qui, en tant qu’ancêtre de l’Organisation internationale de la francophonie, n’a cessé de se développer et de s’enrichir, puisqu’il accueille désormais 84 Etats et gouvernements. La Francophonie s’étend ainsi sur les cinq continents.

Respectueuse des différences et des spécificités de chacun de ses membres, la Francophonie s’attache à défendre la diversité culturelle, conçue comme une ressource inestimable et un rempart face au risque d’une uniformisation hégémonique.

Ce faisant, la Francophonie est un lieu d’affirmation de valeurs communes et partagées. La démocratie, les droits de l’homme et la défense des libertés y occupent une place de premier rang. La déclaration de Bamako, en 2000, a confirmé l’engagement des Etats francophones en leur faveur, en proclamant le caractère indissociable de la francophonie et de la démocratie.

La solidarité, la réciprocité et le développement des échanges sont au cœur du projet francophone. Celui-ci fournit un accompagnement multiforme à ses membres les plus vulnérables, dans des domaines aussi variés que le développement durable, l’économie ou l’innovation numérique. Avoir le français en partage, c’est également avoir la possibilité d’élaborer en commun des solutions aux nombreux défis et enjeux contemporains, qu’ils soient économiques, environnementaux ou sécuritaires. Ainsi, en 2016, les Etats francophones se sont réunis pour tenter de définir une approche francophone intégrée de la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation.

La Francophonie n’est donc pas repliée sur elle-même, elle est ouverte sur le Monde et pleinement active sur la scène internationale. Regroupant près d’un tiers des Etats membres de l’ONU, elle permet aux Etats francophones de mieux exister dans un monde global. Ceux-ci se mobilisent particulièrement pour la défense du plurilinguisme, vecteur de démocratisation des relations internationales. En 2005, la concertation entre les Etats francophones a joué un rôle déterminant pour l’adoption à l’Unesco de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité culturelle. Cette puissance d’influence s’est de nouveau manifestée lors de l’adoption des objectifs de développement durable ou lors de la COP21 à Paris en décembre 2015. La Francophonie est une voix singulière en faveur d’une mondialisation raisonnée et équilibrée.

La Jordanie, bien que n’étant pas un pays de tradition francophone, est un beau miroir de la vitalité de la Francophonie. L’apprentissage du français y suscite un intérêt croissant. Celui-ci y est en effet actuellement enseigné, entre autres, à environ 40 000 jeunes au sein de 200 écoles francophones sur l’ensemble du territoire jordanien, 1500 étudiants dans les Universités et près de 2000 élèves à l’Institut Français. Ces chiffres ne reflètent d’ailleurs pas l’étendue de la francophonie au sein du Royaume. Avec un nombre de locuteurs qui devrait passer de 300 millions aujourd’hui à 700 millions d’ici 2050, apprendre le français, c’est faire le choix de l’avenir. Comme le disait le Président Macron dans son discours devant l’assemblée des représentants du peuple tunisien le 1er février dernier : « la francophonie c’est une opportunité en plus ». Langue des arts et de culture, le Français est aussi une langue de travail officielle dans les relations internationales, la 3ème langue des affaires, ainsi qu’une langue de communication médiatique et de publication scientifique.

C’est dans cet esprit d’ouverture, de partage, de célébration de la diversité et de la créativité caractéristique de la Francophonie que les ambassades francophones présentes en Jordanie ont décidé de s’associer cette année encore pour proposer au public jordanien un programme riche tout au long du mois de mars. La culture sous toutes ses formes y est célébrée lors de manifestations qui ne sont pas réservées aux seuls francophones : cinéma, gastronomie, bande dessinée, littérature, musique…Celles-ci seront l’occasion de voyager à travers le monde arabe (Liban, Tunisie, Maroc), en passant par l’Europe (Belgique, France, Roumanie) jusqu’au Canada. La venue en Jordanie de l’artiste franco-libanaise Lamia Ziadé, ainsi que la contribution de Dima Bawab, chanteuse lyrique jordanienne formée en France, à ce programme, constituent d’ailleurs de beaux témoignages de la fécondité du dialogue entre les langues et les cultures.

Bon mois de la Francophonie en Jordanie !

Ambassadeurs signataires : Belgique, Canada, France, Liban, Maroc, Roumanie, Tunisie.

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Dernière modification : 20/03/2018

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