Introduction de Laurent Fabius

"Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je suis heureux d’ouvrir cette nouvelle session de la Conférence des ambassadeurs et de vous y accueillir toutes et tous.

Il s’agit de notre première conférence depuis l’élection du président François Hollande et la désignation du gouvernement ; elle prend donc un relief particulier. C’est d’ailleurs pour moi, la première fois que je vais rencontrer physiquement la totalité d’entre vous. Je veux, en commençant ces journées, vous dire d’abord la fierté qui est la mienne de conduire cette Administration. Il se trouve, c’est le privilège du grand âge, que j’ai eu l’honneur dans le passé de diriger plusieurs grandes Administrations et le gouvernement français lui-même. Et, au nom de cette expérience, je veux souligner le professionnalisme qui est le vôtre et l’estime exceptionnelle qu’il mérite.

Au Quai d’Orsay et dans l’ensemble de nos postes, j’ai trouvé une diplomatie composée de femmes et d’hommes qui sont attachés à leur mission, qui sont loyaux et qui ne ménagent jamais leurs efforts. Le président de la République, le gouvernement, les ministres délégués et moi-même, nous souhaitons nous appuyer pleinement, dans nos actions, sur vous, sur votre expertise et sur vos compétences.

C’est dans cet esprit que j’ai souhaité une Conférence des ambassadeurs qui soit orientée vers l’action et qui serve d’abord - je parle à nos ambassadeurs - à vous indiquer les orientations du gouvernement qu’il vous reviendra de mettre en œuvre. Hier, la plupart d’entre vous étaient présents, le président de la République a donné la Feuille de route. En fin d’après-midi, le Premier ministre et moi-même demain, à l’issue de nos travaux, nous reviendrons sur certains aspects de ces orientations. De nombreux membres du gouvernement - les meilleurs mathématiciens d’entre nous ont compté qu’ils seraient dix-sept -, participeront à la conférence dans leur domaine respectif. Vous repartirez ainsi - du moins je l’espère - avec des orientations précises à mettre en œuvre dans vos postes. C’est ce qui fait l’utilité de cette réunion qui rassemble notamment les chefs de missions diplomatiques et les responsables de l’Administration centrale du Quai d’Orsay.

Cette réunion accueille aussi des personnalités que très injustement on qualifie d’extérieures. Au contraire, par leurs compétences, leurs centres d’intérêt, leur expertise, ces personnalités sont associées étroitement à nos travaux. Je les remercie vivement.

De nombreux acteurs du monde économique, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la culture, des responsables d’institutions européennes et internationales, d’autres encore seront présents. Je pense - mais je n’ai pas tous les éléments pour juger - qu’ils doivent être probablement plus nombreux que les années précédentes. Si c’est le cas, c’est parce que je souhaite ouvrir encore plus grandes, les portes et les fenêtres de notre Maison à toutes les forces vives qui sont la France et qui font la France.

Les thèmes de notre Conférence cette année reflètent les priorités que je veux assigner à ce ministère. Notre cap et celui du gouvernement, fixé clairement par le président de la République, c’est le redressement du pays dans la justice. Le ministère des Affaires étrangères doit prendre toute sa part dans sa mise en œuvre. J’ai donc souhaité pour cette ouverture d’un nouveau cycle que la priorité soit donnée à la diplomatie économique et au soutien que le Quai d’Orsay doit apporter à nos entreprises. Le message à retenir de cette vingtième édition est donc une mobilisation générale pour nos entreprises, pour nos emplois, pour la croissance et pour le redressement. La journée d’aujourd’hui sera consacrée à ce thème. Nous allons, sous la férule aimable et ferme de Pierre Sellal commencer la première séance plénière dans un instant sur la diplomatie économique. La seconde séance un peu plus tard sera dédiée - et c’est je crois nouveau dans notre Maison - aux PME. Ensuite, il y aura des tables rondes qui vont permettre d’entrer dans le détail d’un certain nombre de secteurs : l’énergie, les transports et le développement durable, la santé, les industries pharmaceutiques, les services financiers et certaines zones géographiques, l’Afrique, la crise de la zone euro, les nouveaux émergeants, les nouveaux mondes arabes.

Nous devons également, c’est une évidence, encourager et tirer plus systématiquement partie de la faveur et du rayonnement exceptionnel dont notre culture, notre société et notre langue bénéficie à l’étranger si nous voulons renforcer l’attractivité de notre pays pour les partenariats et les investissements. Une place large sera donc accordée à cette diplomatie d’influence, ce sera le thème principal de la journée de demain avec notamment des réunions sur notre attractivité en matière d’enseignement supérieur et de recherche, sur notre action culturelle, sur l’aide publique au développement, sur la Francophonie - nous y reviendrons longuement - et sur le numérique.

En parallèle sont prévues toute une série de réunions qui permettront de faire le point par exemple sur la sécurité de nos communautés à l’étranger et d’aborder des questions d’organisation interne qui sont peut-être moins flamboyantes que d’autres mais qui sont très utiles.

Je veux, en terminant cette très brève introduction, remercier chacune et chacun d’entre vous pour sa présence et tout particulièrement les personnalités dites extérieures mais très proches par leur expertise leur attachement à la France et qui ont accepté notre invitation. Et, sans plus tarder, je vais passer la parole à Pierre Sellal qui va introduire la première séance plénière à laquelle, par un privilège que je ne m’explique pas, je participerai moi-même."

Dernière modification : 30/08/2012

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