François Fillon à Amman pour "développer un partenariat global et ambitieux"

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Monsieur le Président du JORDAN INVESTMENT BOARD, Excellences, Mesdames et Messieurs, c’est pour moi un grand plaisir que d’ouvrir cette convention d’affaires en compagnie de Christine Lagarde, et c’est l’occasion de rendre hommage aux dirigeants d’entreprises et aux responsables jordaniens et français qui sont ici rassemblés.

Depuis plusieurs années, la France suit très attentivement le mouvement de modernisation et les grands projets qui ont été lancés par Sa Majesté le Roi Abdallah II. Je veux vous dire que nous sommes décidés, plus que jamais, à nous engager durablement aux côtés du Royaume pour l’aider à relever les défis de son développement. Ce matin, nous avons eu avec Monsieur le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement jordanien une discussion très riche, qui s’est conclue par la signature de conventions qui témoignent de l’ampleur de notre partenariat.

Et je voudrais ce matin, avec vous, partager trois messages. Le premier, c’est un message d’optimisme, l’optimisme que nous sommes sans doute en train de voir la fin de la crise économique et financière. Dans la zone euro, l’activité progresse depuis le troisième trimestre 2009 ; cette année encore, elle continue à s’améliorer. Et pourtant, nous restons vigilants : la reprise est fragile, elle est vulnérable et nous devons poursuivre les plans de soutien tant que les bases d’une croissance autoentretenue ne sont pas suffisamment solides. Optimisme ensuite parce que, à l’échelle mondiale, nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de construire un cadre de croissance équilibré et durable, un cadre de croissance qui ne doit plus être fondé sur la spéculation et sur l’économie de bulle. Nous en avons posé les principes lors du Sommet du G20 à Washington, puis à Londres puis Pittsburgh. Optimisme enfin parce que les pays de la rive Sud et de rive Est de la Méditerranée – et tout particulièrement la Jordanie – ont bien résisté à la crise et présentent des opportunités de croissance réelles, pour le commerce comme pour l’investissement. Certes, il y a eu un ralentissement inévitable consécutif à la récession dans les pays occidentaux. Mais grâce aux plans de relance ciblés mis en oeuvre par les gouvernements, les taux de croissance sont restés positifs dans la région : plus de 3% pour la Jordanie en 2009 , c’est évidemment un chiffre qui peut faire des envieux… vous avez fait beaucoup mieux, Monsieur le ministre, que Madame LAGARDE, s’agissant de la croissance en 2009.

Mon deuxième message, c’est un message de confiance envers la Jordanie, confiance d’abord, dans le potentiel du Royaume. Les progrès qui ont été réalisés au cours des dix dernières années, sous l’impulsion de Sa Majesté, sont remarquables, et d’ailleurs ils sont cités comme tel par le Fonds Monétaire International et par l’OMC. Le climat des investissements est aujourd’hui très favorable en Jordanie, il l’est d’autant plus que les infrastructures sont en amélioration constante. Alors que la Jordanie a peu de ressources naturelles, elle est devenue un exemple de croissance, de modernité et de stabilité dans une région qui reste troublée. Confiance ensuite dans l’ambition du Souverain pour son pays. Le premier domaine dans lequel la Jordanie a choisi d’investir, c’est la jeunesse. Depuis longtemps, l’éducation et la formation font ici l’objet d’une attention particulière. Et les résultats s’en font ressentir, en Jordanie même et à l’étranger, où le savoir-faire des Jordaniens est particulièrement apprécié.

La France souhaite participer à cet effort de formation en accueillant plus d’étudiants et chercheurs jordaniens. J’ai ainsi assisté, ce matin même, à la signature d’une lettre d’intention franco-jordanienne, qui prévoit la création – conformément aux voeux du Roi – d’un centre d’excellence pour l’énergie et pour les grands projets. Ce centre d’excellence pourra favoriser les échanges d’étudiants et les échanges de chercheurs entre nos deux pays ; il contribuera à la naissance d’une filière jordanienne dans le domaine de l’énergie et, en particulier, dans le domaine de l’énergie nucléaire. Il pourra constituer un pôle de formation qui aura vocation à rayonner dans toute la région.

Confiance, encore, dans les grands projets du Royaume auxquels la France est heureuse de s’associer. Ce sont des projets qui sont à la fois vitaux pour l’avenir de la Jordanie, mais qui sont aussi essentiels pour la région tout entière. Votre pays a des atouts incontestables, sa situation de carrefour entre la Mer Rouge, la Méditerranée et le Croissant Fertile ; la richesse de ses ressources humaines ; la qualité de ses relations avec tous ses voisins. En relevant les défis nationaux de l’eau et de l’énergie, en modernisant les réseaux de transport et de communication, la Jordanie deviendra un pôle de développement au coeur de toute la région, et elle sera aux avant-postes du Proche-Orient de demain. Confiance enfin dans l’engagement de la Jordanie en faveur de l’Union Pour la Méditerranée, cette Union Pour la Méditerranée qui doit devenir le catalyseur des grands projets dans les secteurs de l’eau, de l’environnement, de l’énergie et des transports. Depuis le début, la Jordanie fait preuve d’un dynamisme exemplaire au service de l’Union Pour la Méditerranée, et vient en témoigner la nomination récente de Monsieur Ahmed MASSADEH à la tête de son Secrétariat Général. Ce projet de l’Union Pour la Méditerranée est un projet fondamental pour la paix et la prospérité de la région, il faut qu’il se distingue des projets précédents qui ont été des échecs ou des semi échecs. Et il ne peut s’en distinguer que par le lancement rapide de projets concrets, qui permettront de convaincre l’ensemble des pays méditerranéens que ce projet est bien celui qui permettra le rééquilibrage du développement entre les deux rives de la Méditerranée. En facilitant les échanges et les investissements, la Jordanie doit aujourd’hui aider à fédérer les efforts pour une meilleure intégration régionale entre les pays du bassin méditerranéen.

Enfin, mon troisième message est un message d’engagement. Je suis venu ici, à Amman, pour développer entre la France et la Jordanie un partenariat global ambitieux, un partenariat commercial, un partenariat d’investissement et un partenariat technologique.

A vrai dire, si les investissements français sont importants en Jordanie, les exportations françaises vers la Jordanie sont encore modestes. La France était en 2008 le 3eme exportateur européen en Jordanie, derrière l’Allemagne et l’Italie, mais seulement le 13e en général. Tout cela pour un montant relativement faible, de l’ordre de 353 millions d’euros. Et ces exportations sont encore beaucoup trop dépendantes des grands contrats. De la même manière, les exportations – et vous me l’avez dit ce matin

Monsieur le Premier ministre, jordaniennes à destination de la France restent insuffisantes. En revanche, la France est au premier plan pour les investissements, elle est le 1er investisseur étranger en Jordanie hors pays arabes et le 3e globalement, avec des investissements directs évalués aujourd’hui à plus de 1,3 milliard de dollars. Une trentaine d’entreprises françaises ont investi ici et contribuent au développement de l’économie jordanienne. Nous en avons un très bel exemple aujourd’hui même, avec le lancement des services de technologie 3G en Jordanie par ORANGE. Et vous me permettrez de vous dire que je suis particulièrement heureux de pouvoir assister aujourd’hui au lancement de ces services, car j’ai été le ministre des Télécommunications qui a engagé la privatisation de FRANCE TELECOM, qui a abouti à la création de cette entreprise mondiale qui a aujourd’hui un aussi grand succès. Avec le centre technologique régional d’Orange implanté à Amman, avec l’accord minier qui vient d’être signé avec AREVA, avec les projets en cours dans les secteurs de l’énergie nucléaire et de l’eau, un partenariat technologique de grande très grande ampleur est en train de voir le jour entre la France et la Jordanie. Ce partenariat a besoin de nos grandes entreprises, mais il a aussi besoin de nos petites et moyennes entreprises, dont je voudrais saluer les dirigeants qui m’accompagnent aujourd’hui.

Les PME jordaniennes ont montré leurs talents sur le marché régional, voire sur le marché mondial, et nous l’avons vu avec la réussite du moteur de recherche « Maktoub ». A présent nous devons travailler ensemble à des alliances entre les PME de nos deux pays. Les entreprises françaises qui sont présentes en Jordanie dans le domaines de l’eau, de l’énergie, de l’environnement des transports suivent avec beaucoup d’intérêt tous les grands projets à venir, je pense évidemment en premier lieu au projet nucléaire, aux projets portuaires et ferroviaires et au canal Mer Rouge-Mer Morte. Je souhaite que nous puissions développer de nouveaux partenariats pour contribuer à les réaliser.

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs, cette convention d’affaires doit marquer un progrès dans nos relations économiques. Et je remercie de tout coeur les nombreux chefs d’entreprise jordaniens qui sont aujourd’hui parmi nous. Je veux aussi rendre hommage aux entrepreneurs français installés en Jordanie, et à ceux qui ont choisi de m’accompagner au cours de cette visite. Nous mettons en oeuvre avec nos gouvernements les meilleures conditions pour que vos entreprises puissent se développer, nouer des partenariats et investir dans nos deux pays. Mais maintenant, c’est à vous qu’il revient de jouer le ballon, ce sont vos initiatives et vos énergies qui permettront à nos deux pays d’agir ensemble pour le développement, mais aussi pour la prospérité et pour la paix de la Jordanie, du Proche-Orient tout entier.

Permettez-moi de conclure en disant, comme c’est notre tradition : Vive la Jordanie ! Vive la France et vive l’amitié franco-jordanienne.

Dernière modification : 22/02/2010

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